On aime toujours quand ce n'est pas le bon moment, quand ce n'est pas la bonne personne, quand il ne faudrait pas. Autrement tout serait simple, et la simplicité emmerde tout le monde.
Et puis parfois certaines lumières s'allument dans l'esprit, et on comprends pas pourquoi, pire qu'une luciole qui stagnerait là, c'est une sangsue qui colle au fond de la tête et qui dis des choses qu'on ne veut pas entendre. Une sorte d'antithèse de la conscience.
C'est justement parce que ce n'etait surement pas du tout le moment que tu siège au fond de ma fichue caboche qu'il a fallut que sa arrive, que ca fasse chier tout le monde, en te mettant bien dans le brouillard, en me plongeant dans une sorte de mélodrame a la con. Pardon, a toi et à elle. Je ferais selon. Parfois en voulant se rapprocher du sommet d'une montagne on fini par glisser et se casser la gueule, alors qu'on était pourtant allé si haut. Il y a des nuits qu'il faudrait pouvoir stopper, faire des rewire, comme pour les films et leurs passages si court que nous aimons tant. Une phrase en particulier, un mot, et faire une boucle, un théâtre improvisé de bonheur statique, juste pour immortaliser un temps soit peut tout ça.... Parce que merde, il y a des sentiments qui sortent de nul part et qui ne devraient pas se reveiller, non, il vaudrait mieux les laisser au fond du néant et laisser les faits sur le compte d'apothicaire, de l'alcool et tout ces trucs là... mais ce serait brasser de l'air avec des mots de brocantes sans usage réel, ... ce serait mentir. Les lendemains sont toujours très douloureux.
Ai-je encore envie de dire pardon ? Je ne vois plus bien à quoi cela sert, ce mot est la mort de la liberté. Une sorte de justificatif, de passeport de bonne conduite, un bon point pour rattraper.
Je ne me rattraperais pas, et tu ne me l'a pas non plus demandé. Tant mieux, et surtout merci.
E : nous étions amis, tu avais raison. Je me suis planté sur ce que je voulais, en fait j'ai surtout laissé faire la vie qui nous a poussé l'un contre l'autre sans trop savoir pourquoi. Il n'y a rien a regretter, l'erreur est humaine. Et voila, c'est parti comme c'est venu. Après tout cela nous aura permis d'encore un peu mieux nous connaitre, de manière certe plus intimiste; on verra si ça nous délie ou si ça créera le fondement d'une amitié étrange. Tu m'as demandé si j'étais amoureux de C. On se croirait dans un épisode des feux de l'amour, à savoir qui flaire qui, dans une ritournelle romancée mais façon rock'n'Roll. Non ! Je ne sais pas aimer vraiment, ce sont d'autres choses, mais pas de l'amour. Non ! Je ne suis pas guéri de M. et je ne le serais sans doute jamais, mais pour la première fois depuis tout ce temps, avec C., j'étais plongé ailleurs, loin. Pas avec toi, pardon. Sans doute parce que tu avais trop de point commun avec elle.
C. m'obsède, version gentil dans la tête, mais c'est mauvais, on le sait tous. Ouai, c'était pas qu'une bêtise sur le moment, c'était pas qu'un oubli du monde... ou peut être que si, mais jsuis parti tellement loin en si peu de temps que je voudrais revivre ça. Bien sur, le monde est plus compliqué que mes caprices (égoïstes).
En attendant, en entre-deux, et pour tenir parole à nos convictions, comme une sorte de libération de fin d'année, en cette soirée du 24 juin nous avons enfin osés nous lâcher un peu. Embrasser sept personnes en une soirée, et un peu toutes en même temps... c'était rock'n'Roll. J'ajouterais même, à mes risques et périls, que c'était Fluxus. Nico, en bon critique d'art, ne m'a pas contredit. Cela suffit a me faire sourire toute une soirée. Une manière d'immortaliser une année tellement particulière, qui a brûlée tellement vite... Alors bien sur, on était tous un peu allumés, et certains mettrons ça sur le compte bien chargé, une fois de plus, de l'alcool et autre. Alors qu'au fond, c'était juste quelque chose dont on avait tous humainement envie, et on s'est tellement amusé qu'il n'y a rien a regretter, même toi M.L, tu sais au fond que t'as besoin de t'amuser et qu'on est trop jeunes pour s'enterrer dans du sentimentalisme ultra travaillé, théâtrale, fleur-bleue. Amour ne rime pas avec privation, autrement c'est une prison dorée qui fini par ne plus briller. Il comprendra, ne t'en fais pas.

